mercredi 24 février 2010

Compte-rendu du conseil municipal du 4 février

En cette soirée du 4 février, le conseil municipal s'est tenu devant une assistance aussi fournie que d'habitude à cette même heure. On était donc loin des pics de fréquentation de la période mouvementée pré-électorale, mais également loin de la désaffection qu'avait connu la séance du samedi 19 décembre dernier au matin.

Entrée en matière : formalités ?

Comme le prévoit le protocole, Mme Pière débute la séance par une lecture des décisions prises depuis le dernier conseil. Défilent ainsi les diverses conventions avec des associations, que ce soit pour l'organisation des séjours de nos têtes blondes ou l'occupation du gymnase ; ainsi que la signature de contrats nouveaux ou d'avenants à des contrats déjà établis. On serait tenté de baisser d'un cran le niveau de vigilance, lorsqu'est annoncée une décision mandatant un(e) avocat(e) à défendre les intérêts de la commune au cours d'une action intentée par celle-ci à l'encontre d'un particulier. C'est en vain (pour l'instant) que l'on attend les motifs exacts des griefs retenus contre cette personne, car cette décision n'est que la première d'une rafale de décisions de même type (j'en ai dénombré dix), au nom du particulier près, cela va sans dire. Il faudra prendre son mal en patience jusqu'à une intervention ultérieure pour apprendre que ces actions visent à recouvrer les impayés de loyers de certains résidents du camping.

Le point suivant porte, et là aussi c'est une tradition, sur l'adoption du procès-verbal de la séance précédente. Après quelques observations de M. Franel sur l'exactitude de ses citations, qu'il demande donc de rectifier, le procès-verbal est soumis au vote. Vote conduisant à son adoption (j'ai compté quatre voix contre et une abstention, tous dans les rangs de la minorité).

Le Débat d'Orientation Budgétaire

Mais l'essentiel de ce conseil est consacré au DOB. Si, comme moi, vous ignoriez la signification de ce sigle, sachez qu'il se compose des initiales de Débat d'Orientation Budgétaire. Ce «débat» (mot un peu galvaudé en l'occurrence vu le peu d'échanges contradictoires ayant eu lieu en séance) est présenté par Mme Pière comme «un acte politique majeur». Et effectivement, l'effort qui est mis dans sa présentation, avec un rappel sur les différentes composantes d'un budget communal, suivi d'une mise en relation avec le contexte national montrent toute l'importance que revêt ce point. On entre ensuite dans le vif du sujet en écoutant l'analyse budgétaire. Étant notoirement incompétent dans le domaine, et pas assez vif pour tout saisir au vol avec suffisamment de précision, je ne peux qu'en brosser les traits grossiers. Telle la ligne directrice qui se résume à la nécessité de gérer avec rigueur en ne faisant que les investissements nécessaires, contraintes imposées par la faiblesse de la marge de manœuvre. En effet, nous apprenons que si les taux d'imposition sont restés stables entre 2006 et 2009 (contrairement au taux moyens du département qui ont augmenté), les charges, et en particulier les charges du personnel ont connu une hausse sensible pour atteindre les 58 %. Il nous est dit que les taux d'imposition de notre commune sont comparables, voire inférieurs aux taux des communes de même strate [1].
Mme Pière nous précise également que l'audit qu'avait fait réaliser la précédente municipalité concluait que la dette de la commune avait été bien gérée[2], dette qui s'élève à un peu plus de 600 € par habitant, et qui a donc connu une baisse significative puisqu'elle atteignait les 900 € il y a encore quelques années. Le manque d'investissement de la municipalité précédente est souligné puisque comparée à un montant de 445 € par habitant dans les communes de même strate, la Ferté-Alais n'a investi que 19 € par habitant. Cet analyse budgétaire se conclut sur la constatation que nous nous désendettons mieux que les communes comparables.

Le budget 2010

Elle est suivie par une présentation des orientations du budget 2010. La situation nous est décrite comme difficile pour plusieurs raisons. Dans la partie «recettes», l'État semble trainer des pieds pour indexer ses dotations sur l'augmentation des dépenses dues par exemple à l'inflation. On apprend également que la suppression de la taxe professionnelle aura des répercussions sur le budget[3]. Et que les réversions de la CCVE restent également constants. Dans ce contexte de budget de rigueur, l'équipe évoque donc une «augmentation raisonnable des taux», examinée par la commission finances, pour faire face à l'augmentation des dépenses. Dépenses dont 61 % sont annoncés comme incompressibles et incluant pour une large part les charges de personnel (55 titulaires, 1 stagiaire et 5 contractuels). Les incitations à l'économie seront donc fortes, comme par exemple pour l'électricité ou le chauffage des bâtiments communaux. Ceci n'empêche en rien les projets en direction de la jeunesse, tels que les subventions pour les séjours d'hiver ou d'été, ou l'aménagement de nouvelles salles à l'espace jeunes, ou encore l'augmentation projetée des subventions au CCAS (au total 10 500 €).

En termes d'investissement, l'équipe de Mme Pière prévoit de s'attacher à résoudre le problème de stationnement en centre ville, entre autres en faisant procéder au réaménagement du parking jouxtant l'école L. Moreau. École pour laquelle l'installation de nouveaux sanitaires est également au programme. Toujours en direction des plus jeunes d'entre nous, l'aire de jeux en contre-bas de la mairie devrait être remise en état, et une nouvelle aire devrait être installée à la Ferme Pédagogique. De nouveaux équipements de sécurité devraient voir le jour au Tertre et aux Pierres Rangées, payées à hauteur de 15 000 € par les recettes générées par les contraventions. S'agissant du financement, la municipalité affirme à plusieurs reprises recourir le plus possible aux subventions, mais fait également état de la nécessité de s'appuyer sur l'emprunt tout en n'augmentant pas le niveau des annuités ; et compte sur la FCTVA pour des rentrées supplémentaires. Différents «chantiers» déjà abordés lors de la réunion du comité de quartier à la Ferme sont alors rappelés, comme ceux rendus nécessaires par un écoulement des eaux problématique avec des conséquences au niveau du camping, de la sablière (et de son parking), du cimetière et de la rue Georges Hautot ; ou ceux portant sur le réaménagement de la portion allant de l'actuelle piscine jusqu'à l'école L. Moreau.

Et au-delà...

On glisse ainsi vers le plus long terme, pour lequel des réalisations concrètes telles la création d'un parking au niveau du boulevard de la Gâtine sont mentionnées. Le «sort» de l'église St Pierre doit également être déterminé, bien qu'une action immédiate est rendue nécessaire par un récent éboulement. Sur le plan financier, la volonté de la municipalité est de lisser la dette et de restaurer une capacité d'autofinancement suffisante.

A noter qu'au cours de cette présentation des orientations budgétaires, l'opposition fait valoir qu'elle n'a pas reçu l'ensemble des documents.

Le camping

Outre les projets déjà rendus publics, comme le lancement de l'étude de requalification (dont le coût s'élève à 7 000 €), ou l'installation d'un bloc sanitaire, c'est lors de l'exposé sur ce budget annexe que nous apprenons que l'ensemble des actions en justice énumérées dans les décisions concernent le recouvrement de loyers impayés par certains résidents du camping.

Et finalement, après cette présentation détaillée, l'ensemble du conseil prend acte de ces orientations budgétaires ; l'adoption effective d'une proposition de budget devant figurer à l'ordre du jour d'un conseil ultérieur.

Je n'ai pas noté d'intervention particulière de l'opposition, en dehors de la réclamation déjà mentionnée.


Les autres points de l'ordre du jour

La décision suivant le DOB, autorise Mme le Maire d'entamer des démarches auprès des créanciers de la commune afin de renégocier sa dette. M. van Rossomme s'étonne de l'étendue des pouvoirs conférés à Mme Pière et M. Autrive par cette décision. Interrogation contrée par ces derniers avec l'argument que «cela a déjà été fait», et que la commission finances allait tout naturellement être impliquée dans le suivi des (re)négociations.

Vient alors une décision sur les investissements prévus avec la dotation globale en équipements pour 2010 qui propose en priorité de s'occuper du remplacement des fenêtres de l'école L. Moreau, et du remplacement de la chaudière de l'école Angot.

C'est ensuite au tour de M. Moncaut d'exposer la nécessité de s'engager dans la transformation du POS en PLU, et d'insister sur le souhait de l'équipe d'entamer sans tarder une concertation publique. La délibération concerne l'autorisation donnée au Maire de sélectionner l'organisme qui se chargera de la révision du document, et de monter des dossiers de recherche de subvention. Suite à l'intervention de l'opposition sur les modalités de sélection de l'organisme, le doute s'installe sur la nécessité ou non d'en passer par la commission appel d'offres, mais il apparaît que les seuils des marchés ne sont pas atteints. Néanmoins, la municipalité s'engage à organiser une réunion de ladite commission sur ce sujet précis.

Le point suivant fait suite à une demande de la CCVE de prendre en charge la gestion de la voirie de la ZAC du Tertre. Si j'ai bien perçu les enjeux, la commune verserait une somme à la CCVE pour que celle-ci gère l'entretien de cette voirie. La position de l'équipe de Mme Pière est de donner une suite défavorable à cette demande compte-tenu du caractère récent, et donc peu coûteux en entretien de cette voirie. Aucun bénéfice ne serait à espérer de cette opération qui devrait de plus réunir l'assentiment de 25 % des Fertois et de 25 % des habitants de Mennecy (commune la plus peuplée de la CCVE). C'est donc sans surprise que ce vote défavorable est adopté.

Je ne détaillerai pas les deux points suivants : l'autorisation donnée à Mme le Maire pour déposer un dossier de demande de travaux afin d'agrandir l'espace jeunes ; et le vote sur le changement de nom et de statuts du SIARCE. Points secondaires par rapport aux autres, et n'ayant donné lieu à aucune intervention de l'opposition.

En revanche, le point sur la demande de subventions pour la réfection de l'église St Pierre a été plus controversé. Un effondrement récent d'une partie de l'église a donné un caractère urgent à ces travaux. Or, l'église figure au répertoire du patrimoine départemental, ce qui impose des contraintes sur les entreprises habilitées à y intervenir. D'un autre côté, ces travaux peuvent alors bénéficier de subventions à hauteur de 40 % (dans la limite de 100 k€). La municipalité est en rapport avec un architecte, sur les conseils des services départementaux compétents, qui propose un devis se montant à 46 k€. Le vote porte d'une part sur l'approbation du devis, et sur l'autorisation donnée à Mme Le Maire de faire des demandes de subvention auprès du Conseil Général et du Parc Naturel Régional. Un débat s'engage alors entre M. van Rossomme et Mme Pière. Le premier regrettant qu'un seul devis n'ait été reçu à ce jour, et se demandant s'il ne serait pas pertinent de rechercher un autre architecte. Ce à quoi Mme Pière fait valoir que la commune a reçu l'autorisation du département pour réaliser ces travaux, et que les entreprises susceptibles de mener à bien un tel chantier sont difficiles à trouver.


Le dernier point de l'ordre du jour porte sur le soutien de la Ferté-Alais aux victimes du séisme qui s'est produit à Haïti. C'est dans une belle unanimité, et après une minute de silence, qu'est adoptée la délibération autorisant la commune à verser une aide d'urgence et de reconstruction de 1000 €. Aide dont la gestion sera assurée par le ministère des affaires étrangères.

Et les questions du public

La première intervention du public met l'accent sur la nécessité de sécuriser l'accès à la Ferme Pédagogique, à
partir des Vieilles Vignes, surtout si la municipalité l'enrichit en équipement attractifs pour les plus jeunes. Mme Pière dit prendre note de cette requête qu'elle qualifie de judicieuse.

Si j'isole cette première intervention des suivantes, c'est que ces dernières me semblent issues de membres de la liste «Union Pour La Ferté-Alais». Ainsi, Mme Dominique demande plus de précisions sur les travaux envisagés à l'école L. Moreau (le nombre de fenêtres qui seront remplacées, l'entreprise qui sera chargée du chantier). Mme Pière lui répond que ce projet est soumis à appel d'offre, et suit donc la procédure normale. Plus tard, M. Monferrini revient sur la réfection de l'église St Pierre, et de la charge que les travaux sont susceptibles de faire peser sur le budget communal, et par voie de conséquence sur les contribuables. Il évoque même l'hypothèse de transformer l'emplacement de l'édifice actuel en parking, et met en avant que l'église Notre-Dame, qui accueille le public, aurait également besoin de réfections. Il aboutit à la conclusion que le mécénat pourrait constituer une solution pour la remise en état de l'église St. Pierre. Il lui est répondu qu'on ne peut pas détruire ce patrimoine. Mme Pière précise qu'il avait été envisagé de ne conserver qu'une partie symbolique (quelques pierres) de l'église et de transformer le reste de la superficie en parking, mais que ce projet avait été refusé par les Bâtiments de France.


J'insiste sur ces deux dernières interventions, car elles mettent en lumière le contraste qui peut exister entre l'activité de l'opposition «non-élue» qui n'hésite pas à faire valoir ses points de vue lors des questions du public, et les élus de l'opposition qui me paraissent nettement moins combatifs[4]. Est-ce là une répartition des «rôles» spécifique à notre commune, ou un mode de fonctionnement ordinaire ? Je serais bien aise qu'un connaisseur ne donne un éclairage sur cet aspect des pratiques démocratiques.

Nous voilà donc arrivés au bout de ce compte-rendu (trop ?) détaillé, dont la longueur explique en partie le délai de mise en ligne.


[1] Et à présent permettez-moi de «tricher» de manière éhontée. En effet, à l'heure où j'écris ces lignes, le conseil municipal du 18 février s'est déjà déroulé, et la même antienne nous a été servie à répétition. Pour le grand bonheur des uns, et peut-être le malheur des autres, la comparaison des taux d'imposition n'est qu'à quelques clics de souris de l'internaute moyen. La consultation de la fiche détaillée de La Ferté-Alais sur le portail Alizé du ministère des finances nous montre que cette affirmation n'est pas si évidente. En effet, il faut préciser de quel taux il est question. Si celui des taxes foncières (17,27 % en 2008) est bien inférieur au taux moyen des communes de la même strate (18,68 %), celui de la taxe d'habitation (17,22 % en 2008) distance, et de loin, le taux moyen des communes de la même strate (13,30 %). En anticipant un peu sur le conseil du 18 février, on peut donc s'interroger sur la meilleure manière de répartir une
augmentation des taux d'imposition. Mais il s'agit là d'une question éminemment politique que je tenterai d'aborder dans le prochain compte-rendu.

[2] Les aficionados de la vie politique locale ne manqueront pas de s'étonner que l'équipe actuelle s'appuie sur cet audit qui avait été tant décrié il y a quelques mois.

[3] Malheureusement, l'impact sur notre budget de cette suppression est difficile à déterminer d'après la fiche référencée en [1]. A partir de 2004, les taux d'imposition affichés sont nuls. Pour tout de même se faire une idée, on constate qu'en 2003, la commune collectait 67 € par habitant grâce à cette taxe, soit une somme d'environ 240 k€.

[4] Me reviennent en mémoire diverses interventions lors de la précédente mandature où l'opposition «siégeante» de l'époque faisait lecture de notes en cours de séance pour rendre publiques ses opinions sur tel ou tel point de l'ordre du jour.

(Rédaction : Mark, Publié sur ouvalaferte.ning.com le 21 février)

Ceux qui veulent commenter ce billet sont invités à s'inscrire à ouvalaferte.ning.com où toute latitude leur sera donnée pour faire valoir leur point de vue, qui, le cas échéant sera répercuté sur ce blog.

mardi 23 février 2010

La Lettre de l'Opposition

En attendant les compte-rendus des conseils (qui sont en cours de rédaction, sachez-le), il m'est impossible de résister à la tentation de commenter la Lettre d'information de l'opposition trouvée dans ma boîte aux lettres en fin de semaine dernière.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, quelques considérations globales sur ce feuillet, et notamment sur son titre. J'étais resté sur les déclaration de M. van Rossomme souhaitant que les membres de son équipe soient qualifiés de «minorité» et non d'opposition, qualificatif jugé trop dogmatique. Dois-je en déduire que La lettre qui ne porte par ailleurs ni nom, ni signature, n'émane pas des rangs de cette «minorité» ? Existe-t-il un courant d'opposition indépendant ? A vrai dire, le plus probable est que cet écrit est bien le fruit du travail de la liste «Union pour La Ferté-Alais», et à défaut d'un démenti de ses membres, j'en ferai mon hypothèse de travail.

Les impôts : le nerf de la guerre

Si l'on examine en détail le côté recto, on y lit que la nouvelle majorité affirme que nos taux d'imposition seraient «inférieurs à la moyenne des communes voisines». Bien entendu, on peut conjecturer sur la définition exacte à donner au terme voisinage, mais si elle prend ici le sens de proximité géographique, cette affirmation n'est pas celle que j'ai entendue de la bouche même de Mme Le Maire ou de M. Autrive, notre adjoint aux finances, lors des précédents conseils. Nos édiles affirment que nos taux d'imposition sont dans la moyenne des communes de même strate, ce qui est sensiblement différent. Mais qui n'enlève rien au fait que cette affirmation n'est également que partiellement vraie[1]. Sur ce point précis, les rédacteurs de La lettre auraient pu s'efforcer de reproduire la citation initiale verbatim au lieu d'en donner une version déformée.

Plus loin, ils soutiennent que Mme Le Maire et sa première adjointe manquent de cohérence lorsqu'ils proposent une augmentation des taux d'imposition, alors qu'elles s'y seraient farouchement opposées lors de la présentation du budget 2009. Les Fertois présents au dernier conseil ont déjà eu quelques éléments de réponse à cette accusation lorsque Mme Pière a eu à répondre à cette question en séance, et fait valoir que le «combat» avait été mené contre une augmentation très significative des taux (il me semble qu'il s'agissait de 18 %) en l'absence de tout projet d'investissement. Deux traits absents de la proposition de budget (désormais adoptée donc) pour 2010.

Cette page se termine avec le calcul des économies que notre commune pourrait réaliser si les indemnités des élus avaient été maintenus au niveau de ceux perçus en fin de mandat par la précédente équipe. Il s'agit là effectivement d'un sujet qui a déjà fait couler beaucoup d'encre. Lors du vote de punition (cette désignation n'engage que moi) qui avait conduit à réduire de manière drastique les indemnités des membres de l'équipe de M. Karrer, l'une des raisons avancées était effectivement l'économie que cela permettrait de réaliser sur le budget de la commune. Ce vote, auquel ont participé Mme Pière, Mme Chamaillé et M. Naslot (élus de notre majorité actuelle) était sans doute cohérent avec la présentation catastrophiste des finances de la commune telle qu'elle nous avait été présentée par M. Karrer. En soumettant cette question à la liste «Pour la Ferté-Alais» peu avant les élections, la position de Mme Pière consistait à dire que, d'une part, vérification faite, les finances de la commune étaient saines, et d'autre part, l'investissement personnel d'un maire et de ses adjoints justifiait qu'ils soient indemnisés. Pour être complet, et même si cela a déjà été écrit par ailleurs, nos 8 adjoints disposant d'une délégation (et donc d'indemnités) se répartissent une enveloppe équivalente à ce que peuvent percevoir 7 adjoints, et qu'il y a donc une économie d'une douzaine de pour cents[2]. Pour clore sur ce sujet, si l'interrogation sur les niveaux de rémunération est peut-être acceptable, la formulation qui nous est donnée ici est un peu caricaturale.

Questions relatives au conseil du 4 février

Le verso comporte un certain nombre d'interrogations suite à des délibérations adoptées lors du conseil du 4 février dernier. La première d'entre-elles met en cause la délégation conférée à Mme Pière pour la gestion des emprunts de la commune. Étonnant de s'interroger à ce propos lorsque l'on a entendu la réponse à cette même question posée en séance par M. van Rossomme (me semble-t-il). Réponse qui insistait sur le fait que cette délégation permettrait à M. Autrive de procéder à la renégociation des emprunts actuels à des taux plus favorables afin d'en faire baisser la charge globale pour la commune.

La deuxième fait état de modifications dans l'ordre des subventions soumises en sous-préfecture, par rapport aux priorités validées par Mme le Maire et la première adjointe lors du conseil municipal de septembre 2009. Me trompé-je lourdement, ou Mme le Maire dont il s'agit présentement n'est pas la même Mme le Maire dont il est question au paragraphe précédent. Eh oui, il faut suivre pour ne pas tomber dans le panneau qui consisterait à souligner une incohérence dans la conduite de Mme le Maire entre le mois de septembre et les derniers mois. Quant au fond de l'objection, il manque malheureusement les éléments concrets pour juger de l'éventuel impact sur nos progénitures.

S'ensuit une mise en cause du caractère précipité de la transformation de notre POS en PLU. Pourtant, M. Moncaut a pris, lors du conseil du 4 février mais pas seulement, mille précautions oratoires pour indiquer qu'il s'agissait d'un projet de longue haleine, et auquel les Fertois seraient le plus possible associés. La délibération portant sur ce point le 4 février consistait précisément à autoriser Mme le Maire à faire les démarches pour l'obtention de subventions auprès du conseil général, et de procéder à la sélection de l'organisme qui sera chargé de la transformation de POS en PLU. Effectivement, il a été dit que ni le PNR, ni la CCVE ne seraient «démarchées» pour des subventions. Mais ces organismes disposent-ils d'une ligne de subventions pour ce type d'opération ? Il conviendrait de le savoir avec précision.

Le «refus» de la prise en charge de la voirie de la ZAC du Tertre par la CCVE, mis en cause dans la question d'après, a également été traitée lors du conseil du 4 février. Il ne s'agit pas d'une «rue» comme le laisse entendre la formulation mais de la ZAC dans son intégralité. Sa construction étant suffisamment récente, nous avait-on-dit, le prix de son entretien devrait rester inférieur à la ce qui pourrait en être demandé par le CCVE, ne constituant donc pas une opération financièrement intéressante pour la commune. Sans compter que le processus de délégation nécessitait l'approbation aussi bien d'une fraction significative de la population Fertoise, que de la population de Mennecy (commune la plus peuplée de la CCVE), ce qui était loin d'être acquis. Un peu d'humour pour relâcher la tension désormais palpable : si la CCVE a fait cette offre, ne pourrait-on pas négocier un «pack» incluant le Clos du Manoir et les Vieilles Vignes ? Plus sérieusement, mes notes du conseil municipal en question relèvent que lors du vote sur ce point, l'opposition s'est abstenue. Bien entendu qu'un vote contre n'aurait été que symbolique, mais il aurait au moins eu le mérite de ne pas paraître contradictoire avec le présent reproche fait à l'équipe en place.

Et la dernière question reproche à cette équipe de pas rechercher le meilleur prix pour les travaux de la consolidation de l'église St Pierre. Là aussi, un coup d'œil sur mes notes me remet en mémoire que la question avait été posée (par M. van Rossomme), auquel il avait été répondu que l'église St Pierre était inscrite au répertoire du patrimoine départemental et que les entreprises habilitées pour les travaux en question sont rares et ont un carnet de commandes plutôt rempli. Voilà pourquoi la mairie à retenu l'entreprise qui lui a été proposée par l'architecte en charge du dossier, lui-même «labellisé» pour intervenir sur des bâtis classés.

Cette page se clôt sur une interrogation quant à l'opportunité d'engager un nombre considérable (une dizaine d'après mes notes) d'actions en justice contre les résidents du camping qui ne sont pas à jour dans le versement de leur loyers. Et l'apparente contradiction avec la volonté affichée par Mme Pière de répondre aux besoins sociaux de notre ville, concrétisée par une subvention accrue de 1 500 € au CCAS. Je ne me permettrai pas de commenter cette dernière partie, mais en revanche, j'avoue m'être également posé la question sur l'opportunité de mandater un(e) avocat(e) pour mener ces actions en justice. En la mettant en rapport avec le souhait de requalifier le camping, il est tentant de voir dans cette initiative un désir d'opérer un tri dans ses résidents en obtenant, à terme, le départ de ceux qui sont dans l'incapacité de se soumettre à leurs obligations contractuelles. Bref, il aura fallu attendre ce dernier paragraphe pour qu'un sujet réellement à défricher soit évoqué. A combien se montent ces loyers impayés ? A combien se monteront les émoluments de l'avoué qui suivra la procédure ?

Mais pourquoi donc cette Lettre ?

En guise de conclusion, cette Lettre d'information de l'opposition pose bon nombre de questions pour lesquelles les Fertois qui s'intéressent un tant soit peu à la vie locale disposent déjà d'éléments de réponse, et comporte certaines affirmations qui mériteraient bien d'être débattues plus largement. Malheureusement l'utilisation d'un média à sens unique, dépourvu de toute possibilité d'identification fiable des auteurs, conduit à une certaine frustration du lecteur qui souhaiterait engager le dialogue avec ses rédacteurs. Ceci me conduit à la constatation que notre opposition municipale, sur le plan de la communication, a choisi une stratégie radicalement différente de l'équipe majoritaire. Face à une profusion de sites internet dont certains très dynamiques, aux contenus maîtrisés par l'équipe de Mme Pière[3], ce moyen rustique constitue-t-il réellement un moyen efficace pour engager les Fertois à se pencher sur les enjeux de la commune ? A l'heure où n'importe quel quidam (j'en suis la preuve) se permet de commenter les faits et gestes de ses représentants sur la toile, il paraît pour le moins étonnant que l'opposition se soit tenu à l'écart de ce champ de bataille.


Mark


[1] Dans le compte-rendu du conseil du 4 février, je donne le détail des comparaisons entre nos taux d'imposition et ceux des communes de même strate, et si l'on différencie taxe d'habitation et taxe foncière, l'affirmation de la municipalité actuelle n'est pas exacte. A suivre donc...

[2] Un questionnement plus personnel est lié à la manière dont son définies les «tranches d'indemnités» auxquelles ont droit nos élus. Concernant la Ferté-Alais, la tranche est celle des communes comprenant entre 3 500 et 9 999 habitants. L'interrogation de naïf qui me taraude, porte sur la quantité de travail qu'il faut fournir pour s'occuper d'une commune de 3 500 habitants, et celle nécessaire au fonctionnement d'une commune de 10 000 âmes. J'aurais tendance à croire que l'énergie à dépenser est tout de même relativement proportionnelle au nombre d'habitants. Or, la Ferté-Alais se trouve plutôt dans la «partie basse» de la tranche. Ainsi, s'il est incontestable que nos élus sont en tout point respectueux de la législation ; peut-être que le vote sanction de l'an dernier aurait pu inciter à une réflexion sur l'attribution des indemnités et éviter «une faute de goût» en les amenant d'entrée de jeu à leur niveau quasi-maximal. Une montée progressive des niveaux d'indemnités à mesure des réalisations de l'équipe aurait sans doute été mieux perçue des nos concitoyens. Mais, j'insiste, c'est sans doute un avis très personnel.

[3] C'est un tout autre débat, mais mes recherches pour trouver par quel moyen le citoyen lambda pouvait ouvrir une nouvelle discussion sur le Blog de la Ferté-Alais sont pour l'instant restées vaines. Oui, nous pouvons commenter les billets mis en ligne par les administrateurs, mais quid des autres sujets que nous souhaiterions voir abordés ? Je me suis également demandé s'il avait été proposé à l'opposition (puisqu'elle se qualifie comme telle) de disposer d'une espace sur ce Blog, ou si elle même avait formulé cette demande ?

(Rédaction : Mark, Publié sur ouvalaferte.ning.com le 20 février)

Ceux qui veulent commenter ce billet sont invités à s'inscrire à ouvalaferte.ning.com où toute latitude leur sera donnée pour faire valoir leur point de vue, qui, le cas échéant sera répercuté sur ce blog.