jeudi 15 octobre 2009

Dix questions aux têtes de liste : «Union pour la Ferté-Alais»

Afin de rendre possible la comparaison des deux listes en présence, Vivien a proposé que nous rencontrions les têtes de listes armés d'un questionnaire suffisamment générique. M. van Rossomme a accepté cette demande d'entrevue qui s'est déroulée lundi 12 octobre en début de soirée. Nous avons été accueillis par M. van Rossomme accompagné de M. Beuchée et de Mme Aumont. Le texte ci-dessous est un condensé des échanges qui auront duré près de 4h.

Mais avant d'aborder les dix questions que nous avions préparées, nous avons demandé à M. van Rossomme si la liste «Union pour la Ferté-Alais» (UPLFA) allait organiser une réunion publique. En substance, il a répondu que son équipe avait préféré d'autres moyens de rencontre avec Fertois, l'expérience montrant que les réunions publiques ne mobilisent qu'un nombre extrêmement faible de personnes.

Question 1 : Depuis quand êtes-vous installé à la Ferté-Alais, et à quand remonte votre souhait de conduire une liste municipale ?

M. van Rossomme est installé à la Ferté-Alais depuis 2001. C'est à l'été 2007 que M. Autrive lui a demandé de conduire la liste pour les élections de mars 2008. Pour les élections de dimanche prochain, l'ensemble des personnes de la liste se sont manifestées, très tôt après l’annonce de démission de M. Karrer et certains autres élus, pour lui demander de conduire cette nouvelle liste.

Question 2 : Quelle est votre motivation principale pour mener une liste ?

C'est le double souhait de ramener le calme à la Ferté-Alais et de lui assurer une bonne gestion qui a été mis en avant par M. van Rossomme. Le premier aspect a pour but de restaurer un « art de vivre » et de retisser le lien entre les habitants, et entre ces derniers et leurs élus. La deuxième composante consiste à se préoccuper avant tout de la remise en état du patrimoine de la ville (bâtiments et équipements à usage collectif). Il fait mention de son absence d'intérêt personnel, et ne souhaite pas initier de réalisations de prestige pesant sur le budget de la commune, comme cela a pu, selon lui, être le cas au cours des mandats précédents (les exemples de telles réalisations qu'il cite sont la Maison de l'enfance, la Ferme Pédagogique et la Place du Marché).

Question 3 : En dehors de votre statut d'élu, quels sont vos engagements (associatifs, sociaux, scolaires...) en faveur de notre commune ?

M. van Rossomme indique qu'il n'a rempli que son rôle d'élu, mais que son équipe compte des membres très actifs dans le milieu associatif (que ce soit dans le domaine sportif, ou dans le Club d'histoire Fertois par exemple) ou dans le syndicat d'initiatives.

Question 4 : Au sein de votre liste, pensez-vous qu'il y a une complémentarité des compétences ?

La liste UPLFA comporte des membres de tous les horizons socio-professionnels indique M. van Rossomme. En particulier, il cite le cas de personnes occupant ou ayant occupé des postes à responsabilité. De même, plusieurs de ses co-listiers exercent une activité dans une municipalité et en connaissent donc le fonctionnement. Comme déjà mentionné, sa liste comprend des membres ancrés dans la vie Fertoise (M. van Rossomme cite comme exemple le président de l'ADAE), capables d'être à l'écoute des besoins de la population.

Question 5 : Arriverez-vous à vous rejoindre sur un projet de ville global ? Si oui, lequel ?

Répondant par l'affirmative, M. van Rossomme expose les grandes lignes de son projet pour la ville. Le principe fondateur de son action est la participation de la population à la vie collective, qu'il estime une nécessité. Sa vision de l'équipe municipale est plus celle d'une force de proposition et de dialogue, qui, par ses incitations et ses impulsions va tenter de faire en sorte que la population s'implique significativement dans les projets de la municipalité. Il ne s'agit pas d'imposer des décisions, précise-t-il, mais de faire adhérer les habitants aux actions de la commune. Son constat actuel est que la Ferté-Alais se concentre essentiellement sur quatre quartiers, et que la ville pourrait bénéficier du renforcement des échanges entre ceux-ci. Il insiste sur le levier de la motivation de la population en se basant sur les événements qui dés à présent rencontrent un grand succès auprès de l'ensemble des habitants, comme la célébration du 14 juillet, ou les brocantes.

Question 6 : Si vous deviez dresser le bilan de vos actions depuis les dernières élections municipales, quelle serait votre principale réussite, et quel serait votre principal regret ?

Le fait d'être parvenu à épargner aux Fertois une augmentation des impôts de 14,5 %, est mis en avant par M. van Rossomme comme principale réussite. Il détaille qu'il s'agit d'un combat qui a été mené en amont (donc bien avant le vote de rejet du budget), combat mené par toute une partie du conseil municipal. Parti des élus de sa propre liste, il a impliqué par la suite ceux de la liste de Mme. Galéazzi. A partir de la fin 2008, les futurs dissidents de la liste de M. Karrer ont également exprimé leur doute sur la viabilité du budget. M. van Rossomme mentionne le manque de concertations avant le vote, et l'absence de réunions de la commission finances comme éléments importants dans la formation du groupe d'opposition au budget. Il met également en avant le combat en aval, qui a consisté à reprendre la main sur le budget et donc les pouvoirs délégués en temps ordinaire au maire par le conseil municipal, pour gérer les dépenses. Il estime ainsi entièrement assumées les conséquences du vote de refus du budget.

Son plus grand regret est la dégradation de la situation ayant conduit à la démission de M. Karrer. Il fait état de réunions qu'il a pu avoir avec l'ancien maire au cours desquelles il a pu exposer sa vision du rôle d'élu de la minorité (terme qu'il préfère à opposition), qui n'est pas de se bloquer dans une posture d'opposition systématique mais d'agir de manière constructive. Il regrette le manque de collaboration, qu'il impute à M. Karrer, et qui aurait pu éviter la situation que nous connaissons aujourd'hui.

Question 7 : En cas de victoire, quelles propositions concrètes (3 max.) souhaiteriez-vous soumettre au premier conseil municipal ?

(NdA : Il s'agit du premier conseil municipal après celui où se fera l'élection du maire.)

M. van Rossomme explique qu'il considère la gestion d'une municipalité comme un travail d'équipe, et préfère donc ne pas répondre sans l'avoir consultée. Il détaille sa conception de l'organisation de la municipalité et précise qu'il n'exclut pas de confier des mandats intercommunaux à des élus de la minorité. Il insiste sur le travail d'écoute et de consultation qui doit être mené avant la soumission de projets au vote du conseil. Ce travail préparatoire a pour but d'aboutir à ce qu'une large majorité approuve les projets mis au vote, que ces projets émanent de la majorité ou de la minorité. Par ailleurs, le bon fonctionnement de la commune repose sur un respect de l'organisation hiérarchique des responsabilités (entre élus et personnel communal). Il incombe à chacun de respecter la chaîne de responsabilités afin qu'à un niveau donné, les agents territoriaux ne se trouvent pas confrontées à des directives contradictoires venant de différentes personnes, et puissent travailler en toute sérénité. Enfin son équipe s'attachera à éviter de travailler dans l'urgence en prenant soin de gérer les échéances avec suffisamment d'anticipation.

Question 8 : Les finances de la commune semblent être un objet de premier ordre. Quel est votre point de vue sur ce sujet ? Qu'en sera-t-il des impôts locaux ?

La préoccupation principale de l'équipe de M. van Rossomme sera la recherche d'économies, impliquant que tous les postes budgétaires seront examinés avec soin, de manière à ce que chaque dépense se fasse dans l'intérêt du plus grand nombre. Le budget sera mené avec rigueur, mais sans austérité. Simultanément, il incombe au maire de décrocher des subventions tant que faire se peut. M. van Rossomme souhaite éviter de faire recours à l'emprunt. Il ne prévoit pas d'augmentation des impôts si aucune dépense imprévue ne s'impose. A l'horizon de cinq ans, il n'exclut pas de faire baisser le taux d'imposition, qui, il le rappelle, est nettement au-dessus du taux des communes voisines de même strate.

Question 9 : Le statut de la ferme pédagogique et du camping municipal semblent être, également, des enjeux de poids et controversés. Quelle est votre position quant au maintien de leur statut ou sa modification ?

S'agissant du camping, M. van Rossomme tient à ce qu'il devienne un véritable camping, dont les statuts stipulent par exemple qu'il doit être fermé deux mois par an, comme le prévoit la loi. Actuellement, ajoute-t-il, le statut du camping n'est pas abouti et ne répond à aucune réglementation, l'exposant à une fermeture par arrêté préfectoral. Or il s'agit d'un site remarquable qui doit trouver son articulation avec les sites voisins que sont la ferme, la Sablière et le Domaine de la Justice. Le camping dispose déjà d'un compte séparé, et a vocation à vivre de ses propres ressources. Aucune option ne peut être écartée à ce jour quant à son statut futur (municipal ?, délégation de service public ? privé ?). Mais chaque option doit être explorée avec l'aide de professionnels, à l'instar de la société déjà en charge de l'étude, comme l’a souhaité le dernier conseil municipal.

La ferme, avance M. van Rossome, est imbriquée sur les plans juridique et financier de manière très complexe aussi bien avec la municipalité qu'avec l'Association des Amis de la Grange aux Moines. Ce montage résulte de la volonté d'un seul homme, et coûte chaque année 75 000 € à la commune, ce qui est excessif. Il y a donc une volonté de la part de l'équipe de l'UPLFA de réduire ce coût, ce qui n'entraîne pas automatiquement sa fermeture. Mais la complexité du montage ne se prête pas à une solution à court terme. Pour illustrer l'une des ambiguïtés du statut de la ferme, M. van Rossome explicite qu'il n'est pas clair s'il s'agit d'une ferme pédagogique ou d'une ferme de production. Donc là aussi, les différentes options doivent être examinées avec soin. Deux fermes privées ne coûtant rien aux communes et qui vivent donc de leurs fruits, dans les environs de la Ferté-Alais sont cités en exemple.

Question 10 : La présence du public aux conseils municipaux ces derniers mois est une preuve de volonté d'une démocratie locale. Selon vous, comment doit-elle être mise en application ?

Toutes les propositions sont les bienvenues selon M. van Rossomme. Il évoque notamment les conseils d'enfants, ou d'adolescents, et les conseils de quartiers. Avec la réserve que ces instances doivent constituer des lieux d'échanges constructifs, et non des lieux de critique et de contestation. Il rappelle que la municipalité aura vocation à donner l'impulsion pour le démarrage de ces initiatives.

[NdA : La discussion aborde l'absence de questions diverses et de questions au public lors des derniers conseils à propos desquels M. van Rossomme donne l'explication suivante. Avant le lancement officiel de la campagne électorale, et alors que les élections étaient planifiées, les élus sont tenus à un devoir de réserve. Celui-ci les empêche d'exprimer un point de vue qu'ils pourraient être amenés à utiliser lors de la campagne électorale par la suite. De fait, la nature des questions diverses et des questions du public aurait inévitablement conduit à des prises de position pouvant être considérées comme politiques. Par prudence, ces échanges n'ont donc pas eu lieu. Mais bien évidemment, ils seront à nouveau instaurés une fois l'élection terminée].

L'entrevue se termine sur une question annexe à la question 10, concernant le rôle que pourrait jouer l'internet dans notre démocratie locale. La position de M. van Rossomme est que l'internet n'est pas encore un outil que toutes les catégories de la population utilisent avec aisance. Il est donc indispensable que l'information importante circule par des moyens plus éprouvés. Néanmoins, la perspective que la municipalité soutienne l'initiative d'un site d'échanges et de débats, en plus du site institutionnel n'est pas écartée par M. van Rossomme, qui évoque pour cette mise en place la possibilité de faire appel à des citoyens.